frelon asiatique : la menace se précise

June 24th, 2008

Lors de l’Assemblée Générale de l’UNAF, la menace que représente le frelon asiatique pour les abeilles avait été largement évoquée ; et l’attentisme coupable des pouvoirs publics avait été mise en exergue. Dans ce contexte, en ce début d’été les choses ne se sont pas arrangées bien au contraire. En effet, l’hiver très doux a été favorable à ces charmantes “petites” bêtes. On compte dorénavant des frelons dans de nombreuses régions ; de Limoges, à Montpellier, en passant par le Cantal. Les frelons se multiplient dans les frelonieres et réclament une ration de plus en plus importantes de protéines ; soit ils s’attaquent aux abeilles lorsqu’elles butinent et outre l’affaiblissement voire la disparition des ruches, il en résulte une insuffisance de pollinisation des cultures. Soit ils s’attaquent directement aux ruches en se postant devant et en dévorant dès leur sortie les abeilles, de telle sorte qu’elles finissent par rester terrorisées dans la ruche, consommant les ressources qui y sont stockées jusqu’à leur épuisement. A titre d’expérience scientifique 5 ruches ont été positionnées dans le Lot et Garonne pour l’étude de l’impact du frelon asiatique sur leur devenir.

Cette calamité venue d’Asie est un des sous produits de la mondialisation, cet insecte étant certainement venu dans un des multiples containers venus de Chine qui débarque dans notre pays quotidiennent ; et si là bas d’autres insectes participent à la régulation de cette espèce, ici pas de prédateur.

Et si le danger est réel pour les cultures, il l’est aussi pour l’homme, la multiplication des frelonnieres entrainera sans nul doute celle des accidents touchant les êtres humains!;

Espérons que les pouvoirs publics se saisiront du dossier avant qu’il n’y ait mort d’homme, disparition de nombreux ruchers et pertes importantes pour les arboriculteurs et maraichers !

“Les blés d’or” à l’Echappée

June 15th, 2008

Vendredi soir j’ai découvert l’Echappée, petit restaurant du 19ème arrondissement ; un restaurant pas comme les autres ; tout d’abord c’est une SCOP, Société Coopérative Ouvrière de Production ; ensuite, on y sert de la nourriture essentiellement biologique ou à défaut issue du commerce équitable ; enfin mon copain Olivier Ranke, de la Ferme de la Bergerie, qui est agriculteur Nature et Progrès leur fournit de la farine, des lentilles,…

Ce n’était donc pas totalement par hasard que l’Echappée proposait de regarder ensemble le film “Les blés d’or” réalisé par le réseau Semences Paysannes puis de débattre avec Olivier. Dans ce film il est notamment question de variétés anciennes de blés, et de leur usage pour la panification ; Olivier, l’INRA et Nature & Progrès sont justement partenaires pour l’étude de la panification de variétés anciennes de blés ! Ce film documentaire est vraiment superbe et touchant ; il faut voir Nicolas Supiot - paysan boulanger - pétrir son pain, entendre la façon dont il en parle,… Après le film, un échange à bâtons rompus sur le pain, le gluten, le commerce, l’agriculture, les semences,…

Olivier n’est pas à Nature & Progrès par hasard ; s’il milite pour le maintien de la biodiversité, il ose aussi dire que tout ce qui est ancien n’est pas nécessairement mieux et que si certaines variétés ont été abandonnées, c’est que leurs qualités gustatives étaient insuffisantes. Car Nature & Progrès est une organisation qui se veut aussi avoir une dimension innovante d’où le “Progrès” dans son nom. Cela ne justifie pas pour autant qu’on laisse les OGM nous envahir et faire disparaitre toute la biodiversité !

La soirée se prolonge fort tard tant la discussion est passionnante et passionnée.

L’échappée, un lieu où des animations sont régulièrement organisées en soirée (une semaine précédente, il y avait la projection du film “Le Beurre et l’Argent du Beurre”), des personnes à soutenir car si elles ont créé leur emploi il faut le pérenniser, un restaurant dont l’action est favorable à la santé des consommateurs et des agriculteurs,… bref un endroit bien où déjeuner quand on est dans le coin !

Les Moineaux victimes colatérales de l’élévation du niveau de vie

June 13th, 2008

Après la quasi extinction des moineaux de Kensington Gardens à Londres, des observations ont été mises en place dans de nombreuses grandes villes européennes à l’instigation d’association de protection des oiseaux locales. En France, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) a mis en place avec l’aide du CORIF un protocole de décompte dans 150 points de la capitale depuis 2003. Ce décompte a lieu chaque année ce qui permet de relever les tendances. Les résultats sont globalement stables dans 18 des 20 arrondissements ; En revanche, ils sont particulièrement inquiétants dans deux arrondissements, précisément ceux dans lesquels je vais travailler et je vis : les 11ème et 15ème arrondissements, avec des baisses spectaculaires : -92% et - 74% ; l’explication qui en est donnée, c’est que plus les quartiers s’embourgeoisent, plus on détruit ou répare les habitats anciens, les nouvelles façades sont lisses et les oiseaux n’ont plus de lieux où nicher ! Alors habitants des quartiers aisés, achetez donc des nichoirs pour les oiseaux (1) (2) si vous ne voulez pas habiter dans le futur proche dans une ville sans vie !

(1) la LPO Ligue pour la Protection des Oiseaux et toutes les jardineries proposent de nombreux modeles

(2) plantez aussi des fleurs pour les abeilles !

Dépenser plus pour consommer moins

June 10th, 2008

J’ai halluciné ce matin en regardant une pub dans le métro : de grands panneaux vantant l’accessibilité de la bio pour tous grâce à une entreprise philanthrope ie Carrefour : en exergue la boite de 6 oeufs ; donc pour acheter ces 6 oeufs il vous faut prendre votre voiture pour aller dans un centre commercial en périphérie urbaine, et débourser 2,15 euros. A ces 2,15 euros, il faut additionner le coût du carburant, l’amortissement de la voiture, etc (1)

Quant à moi, je vais à pied dans mon Biocoop préféré qui bien que payant un loyer certainement conséquent puisqu’il est situé dans un quartier plutôt aisé de Paris les vend environ 20% moins cher que C…

Avec C… je peux dépenser plus pour consommer moins ; C… est donc pour la décroissance à défaut d’être pour le développement durable !;-)

(1) sans compter les multiples articles mis en “tête de gondole” qu’on retrouve dans son caddie, alors qu’on ne les avait pas mis dans sa liste de course.

URGENT : Dites stop aux nécro/agrocarburants

May 31st, 2008

Le Commission Européenne lance un sondage pour connaître l’avis des citoyens relatif à l’objectif de consacrer 10% d’agro carburants dans les transports. La montée en puissance de ces nécro/agro carburants se fait bien évidemment au détriment d’une agriculture de subsistance ; si vous pensez qu’il est plus urgent de nourrir le monde que de permettre à ceux qui ont des voitures - dont de plus en plus de 4×4 ! - de continuer à se déplacer sans tenir compte de la raréfaction de l’énergie et du réchauffement climatique, il est donc plus que souhaitable que vous répondiez à ce sondage :

http://ec.europa.eu/commission_barroso/president/focus/cap/index_fr.htm

Le Monde selon Monsanto à Paris

May 25th, 2008

Mardi prochain 27 mai 2008 à 20h, celles et ceux qui ont la chance d’habiter l’ile de France auront la chance de pouvoir assister à la projection du film “Le monde selon Monsanto” et de participer au débat qui aura lieu après en présence de la réalisatrice - Marie Monique Robin ; cet événement exceptionnel aura lieu au cinéma l’Entrepôt, 7-9 rue Pressensé dans le 14ème arrondissement (métro Pernetty- ligne 13).

Quelles agricultures face au défi alimentaire mondial ?

May 24th, 2008

Je vous invite à participer à la conférence débat organisée par Attac France, les Amis de la Terre , le CRID, le CCFD, le CFSI, la Confédération paysanne, la Fédération Artisans du Monde et Peuples Solidaires à l’occasion de la campagne

« L’agriculture est malade, soignons la PAC ! »:

« Quelles agricultures face au défi alimentaire mondial ? »

Mercredi 28 mai de 18 heures à 21 heures
Salle des Fêtes de la mairie du 10ème arrondissement
72 rue du Faubourg Saint Martin
75010 PARIS (Métro : Château d’Eau ou Jacques Bonsergent)

Le nombre des victimes de la faim et de la malnutrition dans le monde augmente chaque année depuis 1996 et serait aujourd’hui de 856 millions. La hausse actuelle du prix des denrées agricoles provoque des émeutes de la faim dans les pays du Sud qui mettent en lumière ce défi alimentaire mondial. Cette situation nous amène donc à nous interroger sur les agricultures à promouvoir pour répondre à ce défi : en effet les ¾ des victimes de la faim sont des agriculteurs ne parvenant à vivre de leur travail et de nombreux pays dépendent des importations pour nourrir la population.

A l’heure du bilan de santé de la Politique Agricole Commune (PAC) et à un mois de la Présidence Française de l’Union européenne, le gouvernement français entend défendre le principe d’une PAC « contribuant aux grands équilibres alimentaires mondiaux ». Si la PAC a pu constituer un modèle de politique agricole permettant à l’Europe d’atteindre l’autosuffisance et la sécurité alimentaire, elle favorise un modèle d’agriculture industrielle qui continue d’avoir des effets négatifs sur les agricultures du Sud, tout en faisant disparaître des millions d’agriculteurs au Nord. La réforme de la PAC prévue pour 2013 devra donc prendre en compte le développement des agricultures du Sud. Elle devra aussi réconcilier les européens avec leur agriculture et favoriser l’emploi, le développement des territoires et le respect de l’environnement.

Première Partie : Diagnostic mondial et enjeux de l’alimentation (18h – 19h30)

  • Jacques Berthelot, économiste, ancien maître de conférences à l’École nationale supérieure agronomique de Toulouse et chercheur
  • Aurélie Trouvé, Maître de conférence en politique agricole à l’Etablissement National d’Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon, co-présidente d’ATTAC France
  • Maurice Oudet, responsable du Sedelan, organisation de défense de la souveraineté alimentaire au Burkina Faso (à confirmer)
  • Patrick Bougeard, représentant de Solidarité Paysans, association de défense des agriculteurs

Débat avec la salle

Deuxième Partie : Quel rôle pour la Politique Agricole Commune ? (19h30-21h)

  • Laurent Levard, délégué général de la Fédération Artisans du Monde
  • Hervé Gaymard, député UMP de la 2ème circonscription de Savoie (à confirmer)
  • Stéphane Le Foll, député européen Groupe Socialiste, membre de la Commission Agriculture et Développement rural du Parlement européen

Débat avec la salle

Si vous souhaitez y assister, il faut en informer Stéphanie Margot avant le lundi 26 mai s.margot@artisansdumonde.org ou tél: 01 56 03 93 54)

Vers de terre, précieux alliés à préserver de toute urgence

May 18th, 2008

J’ai été attirée par un titre d’article, décalé comme je les aime bien, du journal “20 minutes” : ” Les vers de terre, une mine d’or irlandaise”. En effet, une étude “Coûts et bénéfices de la biodiversité en Irlande” a été menée pour chiffrer l’impact du traitement - on ne peut plus biologique - d’enfouissement et de digestion du fumier issu de l’élevage de bovins, et de libération de nutriments dans le sol ; ce rapport de près de 200 pages chiffre à 700 millions d’euros par an la valeur ajoutée créée par les vers de terre irlandais ! Et cela c’est sans compter le labourage effectué sans aucun besoin d’énergie fossile par ces charmantes et nombreuses petites bêtes ! La “création de valeur” des vers de terre serait même portée à plus d’un milliard d’euros si on prenait en compte leur contribution au labourage et à l’horticulture.

Cela me fait penser à Georges Toutain (président d’honneur du MDRGF et promoteur des prés vergers) qui nous avait fait l’apologie des vers de terre, lors de la fête annuelle du MDRGF à Fontaine Lavaganne à l’automne dernier, et qui nous avait raconté que lorsqu’il avait récupéré ses terres, imprudemment mises en fermage auprès d’un “exploitant agricole” pratiquant l’agriculture chimique ie conventionnelle, il n’y avait pratiquement plus aucune vie dans le sol, nos précieux alliés les vers de terre ayant été tués par les multiples traitements chimiques successifs. Et qu’il avait fallu des années pour que le sol redevienne vivant.

C’est vrai que lorsque nous avons été visiter ce qui devait devenir notre deuxième verger, nous étions venus avec une bêche (nous ne sommes vraiment pas des parisiens typiques !) et nous avions regardé à plusieurs endroits s’il y avait bien une forte densité de lombrics, pour savoir si la terre avait été respectée et si nous pourrions y faire de l’agriculture biologique. Et compte tenu du nombre de vers de terre, nous avions été rassurés !

Quand on y réfléchit, c’est quand même fou ce que certains hommes font : ils dépensent des fortunes, prennent de leur temps, utilisent des énergies fossiles précieuses alors qu’il serait si simple de se faire aider par la nature : vers de terre, abeilles, moutons, vaches, coccinelles, mésanges, chauves souris, …. chacun ayant son rôle pour labourer, polléniser les cultures, nourrir et tondre la terre, gérer les parasites, …. Les paysans qui pratiquent une agriculture biologique de qualité l’ont compris, eux !

Et pour finir, ce qui m’a fait très plaisir, c’est que notre ami Georges Toutain me disait encore hier qu’il y a de plus en plus de monde à chacune de ses conférences ; la bonne parole se répand, au profit du vivant !

Petite histoire d’apiculteurs et d’abeille parisienne

May 17th, 2008

Il y a quelques temps nous avions rendu visite à Hélène Barraud et son mari. Ce sont eux qui nous avaient donné l’idée de créer apiculteurs.info, notre annuaire internet des apiculteurs,car il nous semblait souhaitable qu’on puisse organiser des visites de ruchers, comme d’autres font des visites de vignobles. Ils avaient eu la gentillesse de nous donner quelques pieds de bourdaine, puisque nous apprécions cette varéité de miel et que ce serait l’occasion de diversifier la butinage de nos abeilles normandes. Nous avons planté la bourdaine en Normandie sauf un pied que nous avons décidé de “bichonner” sur notre balcon parisien ; et c’est vrai que nos bons traitements (arrosage régulier et jus de compost de notre lombricomposteur - compost bio évidemment ) font que cette bourdaine parisienne a une taille bien plus imposante que ses soeurs normandes !

Ce matin, juste au moment où je discutais avec mon ami Patrice Amblard (Miel des Côteaux de Bourg), j’ai vu justement une abeille qui était venue butiner notre bourdaine parisienne qui commence à fleurir !

Fragilité des ruches : la pollution également responsable

May 15th, 2008

De nombreux facteurs expliquent la fragilité des ruches dans le monde ; les parasites (varroa,…), les prédateurs (le frelon asiatique en Europe), les pesticides (Cuiser, Pancho Maïs, Gaucho et Régent), les OGM,…

Et du fait de cette multiplicité de facteurs, chacun s’en lave les mains tel Ponce Pilate, renvoyant à l’autre le fait de traiter la cause qu’il a engendrée (ou n’a pas traité, n’est ce pas messieurs des Ministères de l’Agriculture, du Développement Durable,… à propos du frelon asiatique en France).

Une étude américaine menée par des chercheurs de l’Université de Virginie, relayée par Planete Terra fait état d’une nouvelle difficulté des abeilles. La pollution est telle dans certaines zones que l’odeur des fleurs en est masquée. Alors que le parfum des fleurs devait porter entre 1 à 2 kilomètres il y a 2 siècles, cette distance serait réduite à 200 à 300m aujourd’hui du fait du mélange des odeurs des fleurs et des polluants ; or les abeilles ne viennent butiner que les fleurs qu’elles sentent !

Que cette nouvelle ne vous décourage pas bien au contraire de planter des fleurs et des plantes ; certaines plantes sont des “pièges à pollution” et comme elles baissent donc mécaniquement la pollution, et donc son effet masquant sur l’odeur des fleurs ; et aussi plus la densité de fleurs sera élevée, plus les abeilles seront à même de les détecter et de les butiner ; un dernier conseil, si vous vous sentez l’âme d’un protecteur des abeilles, si vous plantez des fleurs ou des plantes, veillez à planter des espèces mélifères : tournesol, lavande, thym,…