La disparition d’Ideo, une triste nouvelle

juillet 6th, 2012

Il y a plus de 5 ans que je connaissais Rachel Liu fondatrice très médiatique d’Ideo. Alors qu’une brillante carrière très rémunératrice s’offrait à cette jeune diplômée d’HEC elle avait fait le choix de la création d’une entreprise porteuse de sens.
Les créateurs d’entreprise dans l’économie sociale et solidaire ne sont pas si nombreux, les créatrices encore moins.
La première fois que j’ai rencontré Rachel c’était à la première grande réunion d’Ashoka ; puis je l’avais retrouvée à une soirée d’HEC au Féminin.
J’avais apprécié son courage, sa détermination, l’intégrité de sa démarche lorsqu’elle nous avait expliqué qu’elle ne voulait pas déroger de son concept bio ET équitable et avait préféré attendre que ces 2 critères soient réunis avant de proposer des jeans Ideo.
J’avais rencontré Antoinette son associée des premiers jours, styliste. Avec elle aussi j’avais sympathisé et nous nous étions revues à plusieurs reprises.
Donc cela n’étonnera personne que j’ai souhaité – véritable folie financière car il fallait financer ce stock – faire faire des tee shirts aux couleurs du Retour à la Terre, ainsi que des tabliers pour le personnel avant même l’ouverture de ma première boutique. Et c’est ainsi que l’équipe du magasin est devenue « porteuse de sens » (la « signature » d’Ideo)
Le siège d’Ideo était rue de Charonne, juste à côté du magasin du 11eme et l’équipe venait souvent acheter son déjeuner au « Retour à la Terre Rive Droite ».
A plusieurs reprises des ventes spéciales avaient été organisées au magasin.
Et nombre de personnes de l’équipe portaient des tee shirts Ideo, autres que ceux du magasin.
J’avais été triste quand j’avais appris la disparition d’Azimuts fabricant de vêtements en tissu bio et équitable fabriqués au Népal et j’avais espéré qu’Ideo échapperait à cette fatalité.
J’ai appris ces derniers jours qu’Ideo venait lui aussi de disparaitre et qu’une autre de mes fournisseurs de vêtements bio et équitable était en difficulté.
La faute à qui ?
A la crise certainement, mais pas seulement ; de grandes chaines de vêtements ont flairé le « créneau porteur », comme l’avaient fait les grandes enseignes de la distribution alimentaire quelques années auparavant ; elles proposent donc du bio pas équitable ou de l’équitable pas bio (sachant que si j’ai bien suivi dans le domaine du textile les notions d’équitables sont plurielles et pas toutes aussi sérieuses). Donc les petites boutiques de vêtements bio et équitables ferment les unes après les autres, comme hier et aujourd’hui encore les vraies boulangeries, les boucheries,… et les fabricants de textile ayant perdu leurs débouchés n’ont pas d’autre choix que de mettre la clé sous la porte.

Je suis très triste de cette nouvelle.
Je viens d’être contactée par quatre rues http://www.quatrues.fr, ce n’est pas raisonnable car nous n’avons pas de lieu dans mes magasins pour bien présenter des articles en textile ; mais tant pis. Nous allons quand même proposer à nos clients quelques uns de leurs tee shirts à le rentrée 2012 au Retour à la Terre rive droite.
En tout cas merci de me contacter si vous connaissez des producteurs authentiquement engagés dans le bio et l’équitable en galère ;
on peut toujours tenter de les aider d’une façon ou d’une autre.

Réclame ridicule pour teinture pour les cheveux

mars 8th, 2012

D’habitude je ne regarde jamais la télévision. Cela me permet sans doute d’avoir un oeil de novice lorsque je me trouve devant cet objet qui fascine nos concitoyens petits ou grands plusieurs heures par jour, avec des écrans toujours plus grands et plus coûteux.

Indépendamment de cela j’ai toujours détesté marcher devant les salons de coiffure en été lorsqu’ils laissent la porte ouverte tant l’odeur de produis chimiques me prend à la gorge. Ce n’est donc pas un hasard si nous faisons particulièrement attention à la composition des teintures que nous proposons dans mes magasins…

Vous vous demandez où je veux en venir ?

Ce matin donc je me suis trouvée devant une pub (j’ai appelé cela volontairement « réclame » dans le titre de ce billet, tellement cela manquait de subtilité) d’un coiffeur connu – il y a des chaines de salons qui portent son nom – qui faisait la promotion de ses teintures particulièrement efficaces pour couvrir les cheveux blancs et à prix très abordable !

Il y avait un « détail » qui m’a bien fait rire : ledit coiffeur avait une belle tignasse blanche ; preuve à mes yeux qu’il avait tellement confiance dans les produits chimiques dont il vantait les bienfaits qu’il se serait bien gardé de les utiliser pour lui même.

Ce qui m’a quand même étonné c’est que compte tenu du coût exorbitant des publicités télévisées il a dû faire appel  à une agence en communication et que cette agence en communication n’a pas eu la présence d’esprit de lui souligner l’incohérence de son message ; c’est bon pour vous mais surtout pas pour moi… encore que … ce soit bon pour lui mais sur un autre registre, le registre financier !

C’était aussi ridicule que les médecins obèses qui vous vantent leur régime pour maigrir ou les médecins fumeurs qui vous font la leçon sur les méfaits de la nicotine !…

Finalement, il n’y a pas que les dessins animés qui soient drôles à la télé, il suffit de prendre un peu de recul.

 

Disparition d’Azimuts Artisans du Népal

février 11th, 2012

Cela faisait des années que notre famille était cliente d’Azimuts Artisans du Népal, une petite entreprise de textile qui vendait essentiellement par correspondance. Si certains vêtements étaient classiques le plupart d’entre eux étaient reconnaissables de loin à leur style très particulier. Azimut faisait du commerce équitable bien avant que ce ne soit à la mode (ils étaient membres de Transparent Trade). Les tissus étaient en coton bio, en laine bio,… Lorsqu’ils envoyaient un courrier en disant qu’Émilie ou Valérie s’occupait de votre commande ou du service client, il y avait vraiment une personne répondant au prénom d’Émilie ou Valérie qui répondait au téléphone ou à votre mail, contrairement à ce qui se passe dans l’économie non alternative.
Il y avait aussi des photos des producteurs dans leurs catalogues, sur leur site,…
Hasard ? Sans doute pas. J’ai découvert après leur recrutement que plusieurs personnes de mon équipe étaient aussi clientes.
Lorsqu’il y a des mois déjà nous avions reçu un mail SOS indiquant qu’ils avaient de grosses difficultés j’avais alerté autour de moi, y compris des clients amis – j’avais osé à titre exceptionnel – pour essayer de les soutenir. Évidemment nous avions passé une grosse commande. La solidarité n’a pas été suffisante.
C’est donc avec beaucoup de tristesse que j’ai reçu un mail de Valérie – gérante depuis la création en 1995 – nous annonçant qu’Azimuts était en liquidation. Elle a précisé qu’ils avaient fait en sorte que tous les producteurs soient payés intégralement. Mais au delà de cet acte qui les honore : des emplois en moins ici et là bas, donc des familles dans la peine et sans doute aussi avec des difficultés de (sur)vie.
Maintenant que tout le monde se targue de faire des textiles soit bio soit équitable la concurrence est d’autant plus rude pour les entreprises qui souhaitent faire et du bio ET de l’équitable, non par effet de mode ou de niche marketing mais par conviction. Car il est beaucoup moins cher de faire l’un OU l’autre que de faire l’un ET l’autre et le grand public n’est pas trop averti.
Il y a 30 ans, 50 ans, les vêtements et les chaussures valaient cher et on en achetait exactement selon ses besoins. Depuis la spéculation immobilière fait qu’on passe beaucoup d’argent dans le logement et qu’on ne peut plus se permettre de payer le juste prix pour l’habillement de qualité que ce soit au niveau des matériaux ou du contenu social. D’où des produits à prix cassés produits de délocalisations à outrance, d’usines à textile où le personnel – y compris des enfants – est en quasi esclavage dans des conditions de salubrité parfois plus que limite (cf émission de Daniel Mermet sur les incendies dans les usines à textile du Bangladesh). Est ce vraiment un progrès ? J’en doute.
L’éthique ce n’est pas seulement manger bio ; c’est aussi manger, se vêtir, se chausser,… bio, équitable et local. Si on ne peut pas tout se permettre, faisons chacun un – même tout petit – pas dans la mesure de nos moyens.

Sadhana Forest a besoin de nous

janvier 1st, 2012

Sadhana Forest c’est l’œuvre d’une communauté de femmes et d’hommes pilotée par Yorit et Aviram Rozin qui se mobilisent depuis 8 ans pour recréer de la vie là où elle disparaissait. En effet, là où la fertilité des sols disparait, les habitants – humains comme animaux – désertent petit à petit les lieux et c’est ce qui s’y passait avant leur arrivée.
Ce couple visionnaire – Yorit et Aviram – a choisi un bout de terre aride, à Auroville (Etat du Tamil Nadu) en Inde, pour mettre en œuvre un double projet de vie :
1) en plantant des arbres qui allaient eux même créer de l’humus et permettre qu’il y ait à nouveau des cultures, des animaux et des hommes sur ces quelques 25 hectares, en gérant la ressource en eau, au point de refaire monter la nappe phréatique de plus de 7 mètres,
2) en mobilisant autour d’eux des personnes venues de nombreux pays, de toutes nationalités, religions ou absence de religion, couleurs de peau,… réunies dans un projet commun positif.
Une belle histoire d’humanité.

Là où certaines ONG mobilisent des moyens financiers considérables, l’équipe de Sadhana travaille avec peu de moyens : des outils qu’elle conçoit elle-même, des méthodes de plantation économes en humus et en eau (le principe de la permaculture), des habitations sommaires qui font néanmoins le bonheur des volontaires, l’échange avec puis le soutien des populations locales (adultes et enfants),…

Après plusieurs années, la forêt de Sadhana s’est développée aboutissant à des résultats  remarquables – y compris un étonnant abaissement de la température obtenu grâce à l’action des arbres.

Lors du tremblement de terre à Haïti en janvier 2010, Yorit et Aviram à nouveau se sont sentis mûs par l’obligation morale d’apporter leur contribution et, tels le colibri de l’histoire chère à Pierre Rabhi, sont partis sur place, ont déterminé une zone pauvre parmi les pauvres, ont obtenu des terres du gouvernement et ont recommencé à mobiliser autour d’eux pour planter au plus vite Haïti Sadhana Forest et donc rétablir aussi rapidement que possible la souveraineté alimentaire des habitants avec des techniques similaires à celles mises au point en Inde et en s’appliquant à nouveau à ne planter que des espèces d’arbres et de plantes autochtones, avec notamment le soutien de Kokopelli qui leur a offert des semences adaptées.
Le travail de l’équipe a d’ailleurs été récompensé par le Water and Food Awards 2010, ainsi que par l’institut de recherche en permaculture d’Australie.
Dès 2010, l’entreprise que je dirige « Le Retour à la Terre » a contribué au projet, particulièrement cohérent avec les valeurs que nous prônons de restauration de la souveraineté alimentaire « urbi et orbi ». J’ai eu la chance d’assister récemment à deux présentations des avancées du projet tout d’abord aux Entretiens de Millancay organisés par mon ami Philippe Desbrosses puis, il y a moins d’un mois, à Paris où Aviram évoquait avec enthousiasme les développements qu’il souhaitait maintenant faire en Afrique où la désertification provoque famines, exodes et guerres. Nous avions déjà programmé une présentation débat que nous organiserions ensemble début mai 2012.
C’est donc avec une grande tristesse que j’ai appris ce 1er janvier par mon amie Claire  de Fotosintesia qu’une tornade, d’une puissance jamais égalée à cet endroit les 50 dernières années, avait gravement endommagé la côte du Coromandel en général et Sadhana Forest en particulier.

avant et après
Fort heureusement aucune victime humaine n’est à déplorer ; en revanche, les habitations des volontaires sont aux 3/4 détruites, le potager dévasté, les arbres fruitiers déracinés,… Là où certains auraient baissé les bras, d’autres se mobilisent encore plus fort dans l’adversité.

L’équipe sur place est déjà à pied d’oeuvre pour dégager, tenter de sauver ce qui peut l’être, évaluer les besoins pour une reconstruction rapide,….

la désolation

Pour le développement des projets Inde, Haïti et Afrique, mon amie Claire de Fotosintesia recueillait les dons jusqu’à fin 2011 et le relais est pris dorénavant par l’association Sadhana Forest France pilotée par David qui vient d’être créée. Compte tenu du contexte, toutes les contributions seront les bienvenues pour permettre à Sadhana Forest de faire en sorte que les volontaires, souvent en famille, puissent rester sur place, de replanter des arbres, refaire un potager et construire le Sadhana 2012. Si vous le pouvez, si vous le voulez, tout don de votre part – même très modeste – sera le bienvenu.

Tous les dons versés avant le 31 décembre 2011 à l’ordre de Fotosintesia (14 rue Duroc 75007 PARIS) ouvraient droit une déduction fiscale de 66% pour les revenus de 2011 alors que tous ceux versés en 2012 à l’ordre de Sadhana Forest France (contact david@sadhanaforestfrance.fr David Blavier 81 rue du Faubourg saint Denis 75010 Paris) ouvriront droit à une déduction sur 2012. En général, les dons sont plus nombreux en décembre ; comme vous pouvez le comprendre, les besoins sont immenses dès aujourd’hui. Vous pouvez aussi contacter directement Sadhana Forest  pour voir si des dons non financiers ou de l’aide sur place pourraient leur être utiles.

vote du 16 octobre 2011 ; pour l’écologie un choix s’impose : Martine Aubry

octobre 16th, 2011

Aujourd’hui un vote important aura lieu qui déterminera celle ou celui qui portera les couleurs de la gauche à l’élection présidentielle de 2012.

Si j’ai choisi de voter pour Martine Aubry c’est pour de nombreuses raisons qui tiennent à l’écologie  mais pas seulement.

Martine Aubry s’est clairement engagée pour :

– la sortie progressive du nucléaire :
Avec ce qui s’est passé à Fukushima, ça ne peut plus être comme avant. Il nous faut immédiatement entrer dans la transition énergétique

source : http://www.martineaubry.fr/mes-convictions/nucleaire

– l‘interdiction totale des gaz et pétroles de schiste
je réitère ma demande que tous les permis d’exploitation accordés soient définitivement abrogés et que la France privilégie une politique énergétique basée sur la sobriété et les énergies renouvelables, plutôt que l’exploitation néfaste pour l’environnement d’une nouvelle énergie fossile‘ source : source site de Martine Aubry

– la mise en place de 300.000 contrats d’avenir avec pour objectif prioritaire les économies d’énergie dans le domaine du logement, des audits thermiques et des travaux d’isolation : cette mesure aura de nombreux effets positifs que ce soit en terme d’émission de CO2, d’économie d’énergie et donc aussi d’économie financière pour les habitants, d’impact favorable sur la balance du commerce extérieur et aussi de professionnalisation de nombreux jeunes dans un secteur d’avenir ; celui de la sobriété énergétique. Car la meilleure des énergies au plan écologique c’est celle qu’on ne consomme pas.

– l’instauration d’une contribution climat-énergie pour développer les économies d’énergie et inciter aux consommations alternatives plus respectueuses de l’environnement et d’une TVA écomodulable, c’est-à-dire plus élevée sur les produits les plus polluants et réduite sur les produits vertueux

Par ailleurs Martine Aubry s’est déclarée pour une volonté nette d’aller vite vers une égalité des droits pour les femmes et les homosexuels avec l’instauration du mariage pour les homosexuels, un vrai non cumul des mandats, la séparation entre banques dépôts et banques de marché financier,  la rénovation de l’enseignement avec – et non contre – les enseignants, l’allocation d’autonomie, la fin d’HADOPI, …

En dehors des socialistes , elle est soutenue par de nombreux dirigeants, militants et sympathisants d’EELV – dont Dominique Voynet et José Bové – qui à la fois reconnaissent son engagement sur l’écologie mais aussi sur sa pratique réelle de partenariat que ce soit à Lille ou au plan national depuis qu’elle est la 1ere secrétaire du Parti Socialiste.

Par ailleurs  Stéphane Hessel – auteur du livre « Indignez vous – lui a clairement apporté son soutien : « Personne ne représente les valeurs de la démocratie avec plus de force, plus de simplicité, plus de convictions que Martine Aubry » voir aussi son interview

En tant que 1ere secrétaire, elle a fait la preuve de sa capacité à rassembler les socialistes et leur faire gagner les élections ! Elle a su en particulier écouter et prendre en compte les arguments des partisans du oui et du non au traité Européen. Elle a rassemblé autour de sa candidature une très large équipe composée notamment de Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Jean Christophe Cambadelis, Benoit Hamon, Bertrand Delanoe, Jean Paul Huchon,… sans oublier bien sûr sa porte parole – et mon amie – Anne Hidalgo.

Si j’ai créé autant d’emplois dans l’entreprise que je dirige c’est parce que depuis 3 ans, par engagement politique, je recrute mes salariés à temps plein en contrat CDI 35 heures et que je refuse les scandaleux avantages liés aux heures supplémentaires. Car dans un pays marqué par un tel niveau de chômage, il est scandaleux de laisser ainsi des citoyen(ne)s au bord du chemin. Car 10 emplois à 38 heures30  correspondent à 11 emplois à 35h. A la différence près que le deuxieme choix fait un chômeur de moins et beaucoup de charges en plus pour les entreprises qui – comme la mienne – ont un engagement social. Il faut être cohérent avec ses valeurs ; merci à Martine Aubry d’avoir courageusement fait les 35h qui ont créé des emplois et contribué à la qualité de vie de ceux qui ont la chance d’avoir un travail.

En ce dimanche 16 octobre votons ensemble massivement Martine Aubry, pour faire gagner l’écologie et les valeurs de justice sociale à la présidentielle de 2012

 

 

le Retour à la Terre, le Retour à la Faux

septembre 3rd, 2011

One upon a time, il y a bien longtemps, quand j’étais petite fille et que nous avions une ferme, la personne qui tenait la ferme la semaine, pendant que mes parents travaillaient à Paris, utilisait une faux et cela m’avait toujours fasciné ce mouvement régulier qui permettait de couper l’herbe avec pour tout bruit un faible sifflement lorsque la faux fendait l’air , ce geste tout aussi régulier quoique moins fréquent d’affûtage de la lame avec une pierre à aiguiser.
Il y a bien longtemps, nous avons dû vendre la maison après la mort de mon père et ce souvenir fut rangé dans un coin reculé de ma mémoire.
Lorsqu’il y a 17 ans nous achetâmes 1,7ha de friche, comme de bons (?) ingénieurs nous partîmes à la recherche de solution technique ; petite tondeuse à main à essence, puis une un peu plus puissante auto-tractée mais pour 1,7ha cela n’allait vraiment pas et nous ne pouvions tondre qu’un tout petit bout du champ et pendant ce temps les mauvaises herbes : orties, chardons, rumex,… s’en donnaient à coeur joie. Recherche de nouvelle solution technique nous avons acheté successivement 3 tondeuses auto portées, de plus en plus puissantes, la dernière étant aussi particulièrement bruyante pour la partie jardin d’agrément ; sans compter les débroussailleurs à fil (ceux qui utilisent connaissent bien le probleme exaspérant de recharge du fil ; sans compter qu’on « largue » ainsi du plastique dans la nature) et le motoculteur avec une barre de coupe à l’avant ; donc beaucoup d’achats qui ne nous a pas totalement satisfaits.
Le temps passant, nous avons vieilli et le mythe de la technologie capable de tout résoudre inculqué avec force et persuasion par les professeurs de notre école d’ingénieur a pris « du plomb dans l’aile ».
Nous ne croyons plus aux produits chimiques miracles capables de tuer les mauvais herbes et pas les bonnes, les insectes nuisibles et pas les bons,… car nous avons appris depuis les méfaits pour la faune, la flore et les nappes phréatiques de ces « potions supposées magiques » mais en fait maléfiques. Nous avons acheté des oies et des moutons qui non seulement tondent les vergers mais aussi les enrichissent. Nous ne jetons plus nos déchets organiques (y compris à Paris), nous économisons l’eau, nous tondons aussi moins souvent la partie agrément du terrain (celle où nous ne pouvons pas laisser les moutons si nous ne voulons pas voir disparaitre tous nos petits arbustes à fleurs !) : partiellement par faute de temps et aussi parce que nous sommes revenus de l’objectif discutable de l’herbe bien tondue.

Eric a fait des recherches sur internet et a été conquis par un site développé par quelqu’un qui promeut l’utilisation de la faux ; il y a même plusieurs modèles selon ce que l’on veut faire ; débroussailler ou tondre l’herbe, et selon aussi … son degré de technicité ! Degré de technicité qu’on peut améliorer car outre les conseils donnés sur le site, des cours de fauchage sont même organisés ! Pour en savoir plus vous pouvez consulter le site de comptoir de la faux

Nous avons commandé les 2 types de faux ; elles sont de superbe qualité, fabriquées en Autriche, et les manches sont en frêne fabriqués en Suisse, il ne s’agit donc pas de délocalisation dans un pays à faible taux de main d’oeuvre…

Et donc pour avoir un terrain plus net, plus de bruit, plus de fumée et plus de recours aux énergies fossiles à chaque fois que nous préférerons la faux à la tondeuse ou au motoculteur.

Donc après le retour à la terre, nous faisons maintenant le retour à la faux ; la question qui se pose aujourd’hui est la suivante : « quelle sera notre prochaine étape 😉  ? »

Relèvement des aides à la bio : de qui se moque t’on ?

juillet 13th, 2011

La réponse est simple : de chacun d’entre nous.

La tactique a déjà été employée à maintes reprises, mais ce qui me stupéfait c’est que personne ne dénonce ce qui se passe en ce domaine.

  • Etape 1 : l’Etat veut impulser l’essor de la bio (ou il le dit en tout cas) et porte la réduction d’impôt plafond de 2.000 à 4.000 euros
  • Etape 2 : le gouvernement soutient toujours la bio (en tout cas le dit) et divise quand même par 2 la réduction d’impôt qui repasse de 4.000 à 2.000 euros (j’en entends qui marmonnent « incohérence des actes avec le discours »)
  • Etape 3 : le gouvernement soutient toujours la bio et porte la réduction d’impôt plafond de 2.000 à 2.500 euros

Et les medias de reprendre en choeur l’engagement de Nathalie KM pour la bio. Personne n’a donc compris qu’entre 4.000 et 2.500 euros il y avait quand même une réduction de près de 40% ? Et qu’on ne peut pas dire que c’est parce que l’Etat manque de moyens quand il fait des allègements fiscaux aux plus hauts revenus. Allègements fiscaux dont l’intérêt général càd l’impact sur

  • l’environnement (qualité de l’eau, absence d’OGM, des pesticides,…),
  • la santé (et les dépenses de santé) des
  1. producteurs,
  2. voisins des producteurs
  3. consommateurs

demande à être démontré,

… alors que la diminution des prélèvements sur les plus hauts revenus contribuera à la pression des prix sur le foncier que ce soit les appartements, l’immobilier d’entreprise et… les terres agricoles, voire aussi la spéculation sur les matières premières agricoles.

Ce scandaleux coup d’accordéon doit être dénoncé : parlez en autour de vous ! Par avance merci.

Générations Futures et presse grand public

juillet 5th, 2011

Je reçois tous les matins par mail les grands titres de 20mn.
Ce matin, je suis particulièrement interloquée.
Il y a 8 titres consacrés à DSK sur les 15 que comporte la matinale d’aujourd’hui.
Après le battage médiatique des mariages princiers dans quasiment tous les medias, alors que dans notre vie de tous les jours cela n’a absolument aucune importance, je suis agacée par la place consacrée à ces articles dont l’origine est un « fait divers ».
La question c’est à qui la faute ? aux media qui nous inondent d’informations de ce type ou aux lecteurs qui privilégient les media plus « légers » que le Monde Diplomatique ?
Comme les journaux dépendent totalement des revenus publicitaires ce sont les lecteurs qui ont d’une certaine façon le dernier mot, par leur acte d’achat ou de récupération gratuite. Mais ont ils conscience de leur pouvoir ? Ecrivent ils régulièrement pour faire part de leur contentement ou mécontentement par rapport au contenu qui leur est proposé ?
Et si je reviens à 20mn, sur les 7 autres grands titres, un d’entre eux est consacré à la prolongation d’un réacteur de la centrale de Fessenheim, ce qui peut avoir un vrai impact sur les vies des générations actuelles et futures en France et pas seulement. Evidemment c’est moins léger que les informations précédentes ; mais tellement plus important !
Nos actes d’achat, nos clics et nos messages sur internet, notre audience selon les medias,…  façonnent notre monde car les informations qui nous sont communiquées,… sont adaptées à nos comportements (c’est cela le monde 2.0) ; chacun est donc un petit peu responsable du monde de demain et du contenu des journaux, émissions TV ou radio,…
Pensons y au quotidien !
Et au delà de mon -petit – coup de gueule contre la matinale de 20mn, on peut saluer ce journal qui met régulièrement en avant des articles consacrés à l’écologie et fait ainsi sa part du colibri en matière de sensibilisation populaire.

Tout est bon pour attaquer la filière bio

juin 16th, 2011

Il y a malheureusement eu des morts ; morts pour avoir consommé des graines germées bio. Et on ne peut – et on ne devrait – que se joindre à la peine de leurs proches. Et aussi chercher à comprendre pour que cela ne se reproduise plus jamais ; mais en tout cas, pas à instrumentaliser.

Certains en profitent (cf un article incroyable du rédacteur en chef des Echos ! mais ce n’est pas le seul) pour faire un procès en règle de la filière bio. Et asséner un nombre incroyable de contrevérités :

  • « pour produire autant quand les rendements sont faibles, il faut souvent utiliser bien des heures de tracteurs » ; bien sûr que non, ce sont les agriculteurs traditionnels qui utilisent le plus souvent leurs tracteurs et ce pour faire des traitements… D’ailleurs il y a un mouvement bio « anti labour »
  • « En termes de santé, l’exemple allemand vient malheureusement de prouver la dangerosité potentielle des élevages ou cultures biologiques. » Si ce n’est pas noyer le bébé avec l’eau du bain qu’est ce que c’est ?

Remet on ainsi en cause l’ensemble de la filière « conventionnelle » à chaque épidémie alimentaire ?

Si on reprend certains grands titres de la presse au sujet du retrait d’information préalable des zones d’installation des radars, ont ils été pour défendre l’intérêt général càd la sécurité de tous ou plutôt – malheureusement – la possibilité pour certains de :

  • continuer à dépasser les limitations de vitesse sans amende au risque de le vie de tous (piétons, cyclistes, autres automobilistes)  ?
  • exploiter (appelée parfois explorer) des gaz de schiste qui menacent l’eau potable, rien que cela ?

Les journalistes ont ils vraiment oublié qu’il y avait déjà eu des morts avec une bactérie E coli provenant de steack hâché pas du tout bio (cf le film Food Inc) ?

Malheureusement, depuis que j’ai eu l’idée d’écrire ce billet, plusieurs personnes ayant consommé du steack hâché, surgelé cette fois, sont elles aussi victimes d’une intoxication à la bactérie E coli.

Pour ma part je suis exaspérée par cette instrumentalisation pour porter le fer contre la filière bio, à chaque « opportunité » ; c’est malsain et choquant.

A quand un grand titre – dans les Echos et ailleurs – sur les cancers chez les agriculteurs et les personnes habitant dans les zones de traitement intensif ? sur la résistance des bactéries aux anti biotiques, résistance liée à un usage curatif et aussi préventif des anti biotiques en élevage conventionnel ?

En revanche cette nouvelle et terrible crise est là pour nous rappeler que :

  • l’alimentation est une filière vitale ; vitale car elle est indispensable à la vie ; et aussi parce que toute négligence à un maillon de la chaîne peut avoir des conséquences graves.
  • il est préférable d' »investir » dans la mesure de ses moyens dans la qualité de son alimentation plutôt que dans des écrans plats géants, des téléphones portables dernier cri, des vêtements à la mode,… bien moins nécessaires à notre vie.

Pénurie d’eau : les particuliers ne sont-ils vraiment pas au courant ?

mai 23rd, 2011

La pénurie d’eau bat son plein ; on en parle à la radio, à la télévision, c’est repris dans la presse nationale et régionale et… les particuliers continuent à faire la queue pour aller laver leur voiture ! Que de temps, d’argent et d’eau gâchés inutilement ; et en plus on utilise de l’eau potable pour laver les voitures ! A part les commerciaux qui – de par leur profession – se doivent d’avoir des véhicules impeccables, il n’y pas d’excuse pour un tel gâchis. Sans compter qu’après l’eau est pleine de détergents et que ce sont nos impôts locaux à tous qui passent en dépollution de l’eau souillée.

Je conseille plutôt à ceux qui ne savent pas comment dépenser leur argent de faire un don (déductible de vos impôts à hauteur de 66%)  à la Fondation France Libertés pour l’accès à l’eau. Car l’eau est un bien commun de l’humanité et France Libertés défend le droit de chacun à disposer d’une eau gérée démocratiquement, en transparence et dans l’intérêt général.