Qualité de vie et aménagement du territoire
Cela fait des années que je dis à qui veut l’entendre que c’est complètement aberrant et dangereux pour eux mêmes que de plus en plus de gens s’agglutinent dans les villes. Pour ceux qui ont du travail bien rémunéré en ville (et pérenne) et qui n’en avaient pas en campagne, ils ont trouvé une issue vivrière qui leur permet de vivre avec leur famille, mais au détriment de leur qualité de vie (pollution, stresse, temps de transport, moindre qualité de la nourriture, …). Pour ceux qui n’ont pas de travail c’est autrement plus dramatique puisque s’ils n’ont pas l’avantage financier ils gardent en contrepartie tous les désavantages. En particulier vivre avec le RMI ou un tout petit salaire en Région Parisienne ou dans une grande agglomération de province est dramatique ; alors que vivre en province dans une maison avec un petit jardin permet à des personnes avec faibles revenus à défaut de “vivre bien” de survivre dans la dignité. Avec un peu de courage et très peu d’argent, on peut cultiver un potager, élever des poules et des lapins, ramasser du bois ou des pommes de pin pour se chauffer avec un poêle,…
Et ce qui est “amusant” c’est que plusieurs petits événements cette semaine viennent chacun à leur façon de contribuer au débat.
Je viens de recevoir un mail de François Lerique responsable des AMAP d’Ile de France qui s’insurge contre un projet immobilier de l’Etat :
“En région parisienne l’Etat a lancé 3 grandes opérations d’urbanisation dont une sur sur le plateau de Saclay (91 et 78)
Opération d’urbanisation d’Intérêt National (OIN), une autre est en aval de Paris autour de la Seine (Mantes et les
environs) et la troisième en amont de Paris sur des zone qui sont à la fois agricoles et friches industrielles
L’OIN du Plateau de Saclay : 150 000 logements, 350 000 habitants, 300 000 voitures.
Malgré des promesses de maintenir une agriculture sur ces terres parmi les plus fertiles de France, l’arrivée de 350 000 habitants + une autoroute + un transport sur rail + le doublement des voies actuelles, ne laissera aucune chance à l’agriculture périurbaine”
Une nouvelle fois l’Etat qui a la responsabilité d’aménager le territoire va encourager la création de villes avec tous les inconvénients liés au lieu de promouvoir tout simplement l’implantation de personnes en milieu rural ; est cela du développement durable ; concevoir de nouvelles villes et construire de nouvelles maisons, de nouvelles routes (pour davantage de poillution mais aussi enrichir les quelques grands du BTP), et encore la désertification des territoires, l’abandon de maisons anciennes traditionnelles ; le développement durable c’est tirer parti de notre patrimoine ; c’est aussi permettre l’autosuffisance des familles, autosuffisance bien plus facile à acquérir en campagne.
Dans le projet envisagé, l’approvisionnement local de la région parisienne en maraichage, qui devrait non seulement être préservé mais mieux développé est remis en cause ; et si l’approvisionnement n’est plus local cela veut dire plus de transports et donc de la consommation de pétrole, un déficit de la balance du commerce extérieur et plus de pollution ! Incroyable, non lorsque dans le même temps les mêmes décideurs déclarent en public adhérer au “Pacte Ecologique”
Cette semaine aussi, j’ai eu l’occasion d’écouter sur France Inter plusieurs émissions sur les territoires.
Tout d’abord Bernard Farinelli est venu témoigner sur le livre qu’il a écrit ” Vivre à la campagne”, guide pour tirer parti de l’opportunité de vivre à la campagne qui s’adresse aussi bien aux personnes qui y vivent depuis longtemps qu’aux néo ruraux actuels ou en devenir. Il est pour sa part plutôt défavorable aux personnes qui s’y installent mais qui travaillent en fait comme si elles étaient en ville graâce à la fée internet et ne participent pas à la vie locale. Si je partage son regret lorsque des personnes ne s’intègrent pas à la vie locale, je pense toutefois que toute installation est signe de qualité de vie pour ceux qui en bénéficient et aussi pour ceux qui dans leur banlieue où ils vivaient précédemment auront du fait de leur départ un peu moins de pollution, de monde dans les transports en commun ou routier,…
PAr ailleurs, une émission sur l’offre de santé a été l’occasion de témoignages incroyables : des personnes attendent des mois voire une année pour obtenir un rendez vous d’ophtalomologie. Une nouvelle fois n’est ce pas le rôle de l’Etat de mieux réguler le nombre de médecins formés et la répartition des médecins sur le territoire pour répondre aux besoins de la population ?
Enfin cette semaine encore j’ai eu vent via cyberacteurs d’un projet aberrant de doublement d’une autoroute existante entre Saint Etienne et Lyon.
Nous sommes dans une période tout à fait particulière où plusieurs personnes qui aspirent à une noble fonction n’ont de cesse de vouloir nous faire croire à leur engagement total en matière de développement durable ?. Et si nous leur exprimions nos attentes à nous dans ce domaine ? Notamment, et pas seulement, par rapport aux projets actuels d’aménagement de l’Ile de France et de doublement d’autoroute en région ?
January 13th, 2007 at 23:52
viens faire un p’ti tour à la campagne, j’habite un village ou le coeur du vilage se meurt, mais d’horribles maisons se construisent en périphérie, c’est les anglais qui font monter les prix : peut-être mais ils ont restauré un patrimoine architectural qui sans eux serait tombé totalement en ruine. Sûr que les gens peuvent toujours manger à la campagne : une de mes amies anime une association de réinsertion = apprendre à potager …
voilà plusieurs années que je clame “des citadins à la campagne pour une meilleure répartition des richesses sur le territoire” à qui veut l’entendre, faiblement d’abord puis de plus en plus fort et finalement de moins en moins fort : il faudrait que cela soit fait intelligement et l’intelligence semble manquer cruellement à ceux qui décident : alors ils faudraient qu’ils cessent de décider pour tout les autres …