Objectif pré-verger : une journée avec Georges Toutain
Après la journée du MDRGF de l’automne dernier où nous avions eu l’occasion d’entendre Georges Toutain vanter les atouts des pré-vergers et la visite de son propre pré-verger modèle, nous avions envie nous aussi de créer un pré-verger qui servirait de vitrine pour donner à d’autres l’envie de faire de même et aussi nous permettrait de produire de bons fruits bio ! Nous avons trouvé le lieu de nos rêves ; un terrain en pente, bordé par des bois et parcouru par une petite rivière. Un terrain suffisamment isolé pour que nous ne risquions pas les pollutions colatérales des agriculteurs qui pratiquement l »agrochimie à base de pesticides et insecticides. Nous en avons parlé à Georges Toutain, pour qu’il nous donne des conseils et il nous a fait l’amitié de visiter le futur verger qui n’est aujourd’hui qu’une prairie. Nous planterons différentes espèces fruitieres : pommiers, poiriers, mais aussi pruniers et noyers, en les alternant pour limiter les propagations de maladies et de ravageurs. Nous y renforcerons les haies, là aussi en privilégiant la diversité selon les préconisations du petit vademecum que Georges Toutain nous a offert. Nous avons été agréablement surpris du nombre d’oiseaux (pinsons des arbres, mésanges, ….) ce qui devrait là aussi nous permettre de réaliser plus facilement notre objectif de mener un verger avec une quasi absence de traitements. Nous avons ensuite fait un tour en voiture aux alentours. Comme partout en Normandie, dès qu’il y du terrain plat, les haies ont été détuites, les talus supprimés, d’où d’immenses zones ventées, du ruissellement dès qu’il pleut et donc une érosion systématique, preuve en est la couleur de l’eau de toutes les rivières que nous avons franchies hier. Dans les zones plus pentues, il reste soit des pâtures rendus désertes par le non remplacement des fruitiers, soit d’anciens vergers dans un état pitoyable avec des arbres croulant sous le gui. Face à cette désolation écologique, nous avons décidé de lui faire découvrir le magnifique pré-verger que Benoit Noël a replanté près de Beuzeville, en regreffant les variétés des très vieux pommiers qui étaient historiquement sur sa ferme. Car si beaucoup de personnes parlent d’implanter un pré verger, Benoit n’a rien dit et … il l’a fait ! Nous espérons que nous arriverons à faire de même. Nous avons fini la journée par la visite du fruitier de Georges Toutain, nous sommes repartis avec un assortiment de sa production qui a été immédiatement pris d’assault par les gourmands gourmets qui nous attendaient ! Car bien évidemement la qualité des fruits produits par des arbres haute tige, en plein vent, dont la terre a été enrichie par les moutons et vaches en saison et qui n’ont pas subi les 23 (en moyenne) traitements des fruits qu’on trouve en supermarché, c’est autre chose !
Alors si vous aussi vous avez un bout de terrain, qu’attendez vous pour faire un pré-verger ?