Comment la pravda à la française décourage les Français de consommer bio

Les deux tiers des acheteurs de produits bio se disent peu satisfaits de leurs acquisitions.

Encore un paradoxe français ! Quatre ménages sur cinq assurent s'attacher, ..., à préserver les ressources de la planète, selon une étude du cabinet TNS Worldpanel. Pourtant, ils ne consacrent en moyenne que 46 euros par an à l'achat de produits bio, verts et équitables... «Les prix de ces produits sont très élevés...» Surtout, les deux tiers des acheteurs de gammes bio, vertes ou équitables se disent en fait peu convaincus par ce type de produits et n'en achètent que très rarement. L'essentiel du chiffre d'affaires est donc réalisé par des «biocitoyens» qui en ont fait leur mode de vie. ..." Extrait du Figaro. Des amis m'ont transmis cet article ; quel beau titre pour décourager celles et ceux qui auraient envie de goûter à des produits bio ? Je suis vraiment choquée. De mon côté tous les jours je rencontre des consommateurs venus dans ma boutique alors qu'ils ne consommaient pas de produits bio auparavant (ce ne sont pas les "biocitoyens" cités dans l'article) et qui témoignent à leur seconde visite de la différence de qualité des produits. La question c'est qui a été interrogé ; celui qui a exclusivement testé les produits bio de la grande distribution (les tomates insipides produites sous serre chauffée aux Pays Bas, les légumes qui ont été cueillis avant d'être mûrs car ils devaient beaucoup voyager pour rejoindre le consommateur européen (1),...) ou celui/celle qui consomme les produits locaux et de saison proposés par son magasin bio de proximité ? Ou comment orienter les résultats d'une enquête... PS : à toutes fins utiles, je précise que j'ai été par le passé responsable des études marketing et sais à quel point si on n'est pas parfaitement rigoureux, on peut - involontairement ou volontairement - biaiser les résultats selon l'échantillon interrogé, la formulation de la question,... (1) car pour certains le bio c'est un business comme un autre et donc la délocalisation, avec à la clé le dumping social, les transports, la perte de la biodiversité, l'abandon forcé des cultures vivrières locales pour une production de masse pour la seule exportation, .... en totale contradiction avec le concept même de développement durable, ce n'est pas un problème puisque cela permet plus de profit. Et tant pis si ces tomates pourtant certifiées "bio" n'ont aucun goût : elles sont rouges et leur forme est parfaitement régulière.

One Response to “Comment la pravda à la française décourage les Français de consommer bio”

  1. Jérôme Says:

    Bonjour Catherine,

    Des attaques de cet ordre montrent que nous sommes sur le bon chemin, et que nous commençons à faire peur à certains acteurs qui, probablement, ont commandité cette « étude ».
    En guise d’étude, d’autres beaucoup plus rigoureuses (CREDOC, LH2 …) donnent des résultats bien différents.

    Hauts les coeurs ! L’industrie de la cigarette n’avait pas agi différemment à une certaine époque, mais cela n’a fait que souligné le fait qu’ils étaient déjà sur une mauvaise pente.

    Amitiés,

    Jérôme Dehondt – Réseau AMAP-IdF

Laissez un commentaire

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

:mrgreen: :neutral: :twisted: :shock: :smile: :???: :cool: :evil: :grin: :oops: :razz: :roll: :wink: :cry: :eek: :lol: :mad: :sad: